et n'a pas été harmonisée. Les mots en italiques sont _soulignés_. CHRONIQUE DU CRIME ET DE L'INNOCENCE. IMPRIMERIE DE MARCHAND DU BREUIL, rue de la Harpe, n. 90. CHRONIQUE DU CRIME ET DE L'INNOCENCE; Recueil des Événemens les plus tragiques; Empoisonnemens, Assassinats, Massacres, Parricides, et autres forfaits, commis en France, depuis le commencement de la monarchie jusqu'à nos jours, disposés dans l'ordre chronologique, et extraits des anciennes Chroniques de l'Histoire générale de France, de l'Histoire particulière de chaque province, des différentes Collections des Causes célèbres, de la Gazette des Tribunaux, et autres feuilles judiciaires. Par J.-B. J. CHAMPAGNAC. Tout ce qui me fait peur m'amuse au dernier point. C. DELAVIGNE, _École des Vieillards_. Tome Cinquième. Paris. CHEZ MÉNARD, LIBRAIRE, PLACE SORBONNE, No 3. 1833. CHRONIQUE DU CRIME ET DE L'INNOCENCE. L'ERMITE DE BOURGOGNE. Le procès mémorable dont nous allons parler sera encore un avertissement solennel, pour les ministres des lois, de veiller continuellement sur eux-mêmes, de se défier sans cesse du dangereux penchant qu'ont presque tous les hommes à voir un criminel dans un malheureux qui n'est encore que soupçonné; de choisir avec une attention scrupuleuse les moyens qui peuvent leur apporter des lumières sur le fait qu'ils veulent éclaircir; de ne pas les admettre tous indistinctement; de ne jamais négliger de s'enquérir de la vie et des mœurs d'un accusé; de recueillir avec soin toutes les paroles qui lui échappent; de n'en regarder aucune comme indifférente; enfin de rejeter tous les résultats qui contrarieraient le cœur humain et la nature. Il s'agit encore d'une grande erreur commise par les magistrats; il s'agit de cinq infortunés poursuivis et condamnés, tandis que les véritables criminels avaient subi la peine due à leur délit dans le ressort d'une autre juridiction. Nicolas Maret, connu sous le nom de _frère Jean_, habitait depuis plus de vingt ans l'ermitage Saint-Michel, près d'Aignay-le-Duc, en Bourgogne. Cette petite ville est située au bas d'une montagne sur laquelle s'élevait l'ermitage; en sorte que de l'ermitage à la ville, il n'y avait pas une demi-lieue de distance, et que, de l'un de ces deux endroits, on apercevait l'autre parfaitement. Le frère Jean cultivait la peinture; il allait exercer son talent dans les églises et dans les châteaux des environs; il travaillait aussi en horlogerie; et le produit de son industrie et de ses quêtes, comparé à la modique économie de sa dépense, pouvait donner lieu de le croire possesseur d'un pécule assez considérable. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1780, étant couché dans une alcove située dans sa cuisine, l'ermite entend du bruit dans son habitation. Il lui semble qu'on enfonce la porte de son ermitage; tout-à-coup il est entouré, assailli par plusieurs individus; son capuchon, qu'on lui met sur la tête pour lui boucher les yeux, est rabattu jusque sur sa poitrine; on lui lie les pieds et les mains, et, lorsqu'on l'a ainsi garrotté, on le presse, avec de terribles menaces, de révéler l'endroit où il cache son argent. Le frère Jean répond qu'il n'en a point, mais les brigands ne se paient point d'une telle réponse. Ils font toucher à l'ermite un fusil et une lame de couteau, pour lui prouver que l'on est prêt à réaliser les menaces qu'on vient de lui faire; alors le frère Jean, effrayé, finit par avouer qu'il a neuf louis et demi en or dans une boîte de fer-blanc qui est cachée dans le mur de son jardin, vis-à-vis d'un grand poirier. Tous les voleurs, à l'exception de celui qui reste pour garder le frère Jean, vont à l'endroit indiqué, mais ils reviennent sans avoir rien trouvé; et...
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Kimberly Jackson
9 months agoSurprisingly enough, the atmosphere created is totally immersive. I learned so much from this.